Je suis à lui

Je suis à lui


« Ce soir, je suis à lui. Un de ses personnages, un parmi tant d’autres. Ce soir, « je » ne suis plus, « Elle » est… Digression grammaticale ou précision syntaxique…. Ses mots sont ma vérité, ses évidences. Je m’efface le temps d’une soirée, m’oublie en elle…
Ce soir, je joue ce rôle, ce soir, je serais sienne… »

Une vaste bâtisse devenue salle de réception… En ce lieu, se forment des alliances, chacun partage ses voeux dans un romantisme mièvre ! Lizzy détestait les mariages et leur décorum, l’amour n’avait à subir pareille contrainte. Comme pour se faire pardonner leur romantisme mercantile, les majestueuses pièces devenaient durant la saison morte, galerie d’art. leurs murs blancs se paraient des plus belles oeuvres et les lieux trouvaient enfin dans ces exhibitions, leur raison d’être.
A son bras, une jeune femme, une oeuvre d’un tout autre genre. Délicate et timide, délicieusement façonnée pour être parfaite en ces instants. Une robe noire trop moulante dévoilait ses formes et la touche bleutée de ses cheveux attirait l’attention. La jeune femme était pure merveille autant dans sa prestance que sa docilité. Sa poitrine se serrait contre elle, entre tendresse et provocation, son invitée profitait manifestement de la foule pour prendre ses aises. Une accalmie dans leurs jeux, un instant volé, l’illusion d’être amants…

Les regards se tournaient vers elles, parfois réprobateurs mais le plus souvent bienveillants… Le monde de l’art ne jugeait pas vraiment, il se contentait de regarder, d’envier. La jalousie parfois se lisait dans leur regard mais cela Lizzie voulait bien l’endurer. Elle aurait été aussi envieuse si elle avait croisé une si belle chose blottie contre une autre !

Audacieuse, la galerie avait osé prendre à contrepied ses visiteurs, les thèmes était transgressifs, souvent peu vêtus, voir clairement dénudés. Dans cet ambiance un peu collet monté, les oeuvres contrastaient avec une chaste population. Les commentaires étaient réservés, axés sur la technique plus que sur le sujet. A croire qu’ils ne voulaient voir que la forme de peur de devoir faire face aux messages !

– Tu aimes ? glissa Lizzie à l’oreille de sa précieuse.

Elle darda un regard interrogateur vers sa maîtresse, avait-elle le droit de répondre, d’émettre son propre jugement. Elle resta un moment interdite, son indécision avait le charme de l’innocence.

– Beaucoup !
– Pourquoi ? Insista-t-elle
– Pas pour les oeuvres mais parce que vous m’exhibez, mais….

La jeune femme se retint de justesse, il était interdit d’évoquer leurs jeux devant les gens. Ce soir, elles étaient amantes en apparence. Seul le discret collier évoquait la vérité mais si peu de gens prêtent attention aux détails qu’elles ne craignaient pas que quelqu’un le remarque. D’un geste d’épaule, Lizzy la repoussa discrètement, même si évitée, une erreur restait une erreur et elle devait le comprendre. Une juste éduction était primordiale, si elle voulait de l’attention, elle devait se comporter avec déférence et garder sa place !

L’absence de contact devint un abandon, le calme de la jeune fille se transforma en anxiété, nulle punition aurait pu être pire que celle-ci. Elle s’efforça de rester droite, elle bomba le torse pour faire honneur à sa compagne et se contenta d’être à ses côtés, implorant par sa placidité son pardon.

Lizzy passait d’oeuvre en oeuvre. Elle s’arrêtait devant chaque photo mais à l’inverse des autres, elle laissait son esprit divaguer, chaque image était une histoire, un souvenir ou un fantasme. Elle se demandait ce qui pouvait bien avoir inspiré l’une ou l’autre situation et n’avait aucune honte à se laisser prendre aux jeux !

– Vous êtes- là !

Elle se retourna pour découvrir un homme d’une soixantaine d’année, malgré ses tempes grisonnantes et son visage marqué par le passage du temps, il était encore un bel homme. Fier, il était comme chez lui, avoir ses photos au mur devait aider à rendre les lieux plus familiers.

– Il m’a dit que vous passeriez ! Je vous ai tout de suite reconnu, je suis ravi de découvrir une de ses oeuvres au coeur des miennes!

« Mon A…. Allait-il venir? Je voulais le voir, le sentir, le toucher… je voulais… je me mordillais la langue, ce soir, je ne joue pas avec Lui mais avec Elle ! Etre indifférente mais mon A… Secrètement, je tremble en pensant à toi… »

L’artiste héla l’un des serveurs et celui-ci s’avança vers eux, sur son plateau, des coupes attendaient les invités. Lizzy s’en empara d’une mais d’un geste renvoya le garçon avant que sa partenaire ne puisse prendre un verre. Professionnel, il se contenta de faire demi-tour sans relever la brusquerie de la situation.

– Elle ne le mérite pas, expliqua-t-elle à son hôte.
– Vous avez bien raison, l’éducation est primordiale ! Mais ne soyez pas trop dure, elle est merveilleuse ne trouvez-vous pas… J’adorerais en posséder une aussi charmante !

La jeune fille su cette fois tenir sa place et ne bougea pas malgré les compliments. Son regard était baissé, le juste nécessaire pour marquer sa servitude mais pas assez pour attirer l’attention.

– Aurais-tu oublié la politesse ?
– Je m’excuse, merci pour vos compliments !

Il sourit à Lizzy en remerciement de la bonne éducation de sa charmante Chose bleu et fut soudain agrippé par une de ses convives empressées de prouver qu’elle connaissait l’artiste. De nouveau
seules, elle se rapprocha de sa soumisse, elle glissa sa main dans son dos avant de la déposer sur son épaule. Ses doigts se refermèrent doucement sur sa chair. Un geste anodin mais pourtant plein de signification. Celle-ci ne bougea pas attendant, en parfaite chose, le bon vouloir de sa propriétaire.

– Tu lui as plu !
– Merci, maîtresse…
– J’aime m’orner d’un bijou tel que toi, rends moi fière et…
– Je n’ai d’autres désirs et d’utilités que de vous rendre fier.

Elle se retient de sourire, le contentement devait se lire sur son visage. Elle n’avait d’autre rôle que celui-là, ce soir, elle était le faire valoir de sa maitresse. Aucune autre chose n’aurait pu lui faire plus plaisir que d’être parfaite à son bras, de remplir son rôle. Il y avait dans sa servitude une bien plus grande liberté. Elle était libre de s’abandonner mais surtout de se donner. Ce soir, elle était à elle et ce sentiment de béatitude valait bien toutes les souffrances, toutes les humiliations. Qu’importe ce qui lui arriverait, tant qu’elle faisait partie de sa soirée, cela lui convenait.

L’impudence de ce contentement aurait dû être puni mais Lizzy ne releva pas, sa chose était sur la bonne voie, il ne fallait pas toujours punir mais aussi encourager. Elle laissa glisser sa main le long de son bras, une caresse discrète pour lui signifier sa satisfaction.

– Tu es à moi ? Lui murmura-t-elle à l’oreille.
– Bien sûr, maîtresse.
– Je peux faire ce que je veux de toi alors ?
– Oui

Un oui timide, hésitant, un oui qui demande à être éprouvé, à exister, un accord empli de perspectives, une porte ouverte, une invitation, la permission d’aller plus loin, d’aller trop loin. Lizzy sourit, elle aimait avoir le contrôle et elle aimait encore plus en abuser !
La salle était de plus en plus bruyante, au fil des verres, le brouhaha s’accentuait et les regards s’attardaient un peu plus sur les oeuvres. Bientôt l’art ne fut plus qu’un prétexte à la soirée, les discutions devinrent badines. Quelques courageux se surprirent à oser les dévisager, les deux filles décryptèrent sans problème les fantasmes derrière leurs pensées. Plus, elle était regardée plus l’ingénue s’évertuait à attiser les envies, elle bombait le torse gonflant ainsi sa délicate poitrine, se cambrait pour que ses fesses deviennent augure de plaisir ou jouait de ses longues jambes pour achever les dernières réticences de ses spectateurs.

Lizzy s’amusait de la scène. En retrait, elle laissait sa soumisse lui faire honneur. Pourtant, les regards passaient de l’une à l’autre, à l’opposé de sa candeur apparente, elle offrait d’opulentes promesses, sa lourde poitrine était un délice à admirer, un appel à l’extase et ses formes exaltaient une féminité ensorcelante. Plus d’un se serait damné pour se retrouver avec l’une ou l’autre… ou les deux !

– Lizzie. « IL » m’a demandé de vous donner cela.

Elle se retourna, une serveuse lui tendait un petit bout de papier. Plié en quatre, Un « A » manuscrit annonçait sa teneur. Elle scruta les invités, était-il là à l’observer, à admirer son oeuvre ? Mais nulle part elle ne croisa ses grands yeux noirs, ce regard qui la faisait vibrer. Son inspection ne dura que quelques secondes, plus que sa présence, elle était impatience de savoir ce qu’il lui réservait. Elle déplia le papier et les instructions. Elle chercha du regard la porte avant de s’y diriger.

« Oh A. Je me soumets à tes désirs, tant que tu m’emprisonnes de tes mots. Offres moi des rôles mémorables, écrits ma vie…. Tu n’es pas seulement mon maître mais l’Auteur de mes jours, l’Architecte de mes fantasmes. »

Comme il l’avait promis, l’arrière salle était vide. Un espace de jeu rien qu’à eux, un no man’s land à quelques pas de la foule. Derrière la lourde porte en bois, l’inauguration continuait comme si de rien n’était. Personne, ou presque ne se doutait ce qu’il se passait juste à côté d’eux.

Un homme les attendait, était-il leur cadeau ou étaient-elles le sien. Qu’importe le rôle, seul compte la scène ! Il était nu. Même s’il essayait d’afficher une évidente décontraction, on pouvait sentir une certaine crainte de sa part. Savait-il seulement ce qui l’attendait avant d’abandonner ses vêtements. A. demandait souvent un acte de foi, une confiance aveugle et il jouait, sans la moindre retenu, avec ses personnages, un peu comme si l’anxiété faisait partie de son talent.
Loin du monde, sa soumise ne sauvait plus les apparences, elle courbait tant l’échine que l’on ne pouvait plus avoir de doute sur sa position. Elle regardait le sol et n’osait porter les yeux sur l’homme avant d’y avoir été invité. Loin de la présence sécuritaire des convives, sa maitresse pouvait la punir.

Lizzy, au contraire, ne se priva pas de l’admirer. L’homme n’était pas désagréable au regard, même si elle n’en avait que faire de son corps musclés, seul comptait son sexe et sur ce point, il était délicieusement membré. Cela aurait été dommage que sa taille soit aisée à supporter, sa compagne devait apprendre à supporter l’excès.

D’un geste, elle dégrafa la robe de sa chose et laissa le bout de tissus tomber sur le sol. Seul un string noir couvrait encore son intimité. La jeune femme frissonna, de crainte, de froid d’impatience? Certainement un mélange des trois. Mais elle n’en avait que faire, elle n’était pas là pour son bien-être mais pour son dépassement !

« Qui est-elle ? Divine audace… A-t-elle déjà seulement osé ou est-ce une première… Des masques en guise de certitude, on joue chacun notre rôle… Oh, mon A., je te fais confiance, qu’importe la vérité, ce soir, je serais ton mensonge »

 – Je veux que tu le suces… Soit une salope !

Sans hésiter, elle s’avança, s’agenouilla et l’englouti d’un coup. Sous les ordres, elle n’était plus elle-même, elle n’était qu’un jouet, qu’un objet dont on s’amuse, dont on profite. Elle s’activait sur cette queue, laissant glisser ses lèvres sur sa surface et arrachant des gémissements au pauvre être qu’elle torturait de la sorte.

Lizzy était maître d’orchestre et cette place lui plaisait… elle était la base de même de cette douce mélodie, l’instigatrice de ses accords licencieux… une musique dont pour une fois, elle savourait les moindres accords avec un détachement divin. Son corps, même si étranger à leurs caresses entrait en résonnance avec eux, son sexe était avide de plaisir mais elle lui refusa son contentement, elle n’était pas là pour les plaisirs du corps mais bien pour les supplices de l’esprit.

– Ne le fais pas jouir.

Sa soumise relâcha ses mains comme de peur de faire le geste de trop, le mouvement qui lui vaudrait l’adulation de ce mâle mais au contraire les sévices de sa maîtresse. Elle était partagée entre impudence et servitude, elle hésita un instant mais s’écarta de ce sexe dressé. Le pauvre semblait perdu par cet abandon, il n’était que la victime involontaire d’un jeu qui le dépassait.

Elle se mit à genoux, comme on lui avait appris, mit les mains dans son dos et baissa le regard. Une attitude docile pour marquer son appartenance.

Lizzy se leva, elle laissa glisser sa main sur la tête et l’obligea à se baisser encore plus.

–  Tu es à moi !
– Oui! Maitresse
– Tu es à moi !

Un oui sans le moindre doute, ni même hésitation. Un oui humble qui appelle au vice, autorise à l’excès ! Un oui permissif dont on ne saurait refuser les sollicitations… Lizzy se retient, garda son calme. Sa place nécessitaient une parfaite maitrise de ses envies, un savant équilibre en le dépassement de sa soumise mais aussi son propre plaisir! Tout déséquilibre aussi infime soit il mettrait à mal son emprise…. elle aimait cet exercice de style.

– Redresse la tête !

La soumise s’exécuta. Lizzy saisit ses longs cheveux, elle ne lui accordait pas le moindre égard, ni même de la douceur, son geste avait été brusque, certainement douloureux mais la jeune femme ne broncha pas. Serrant plus fort, elle l’obligea à regarder le mâle qu’elle avait laissé là !

Sa queue était toujours vaillante mais son visage trahissait une certaine incrédulité, il avait du mal à prendre la mesure de la scène qui se déroulait devant lui. Il était à milles lieux de la réalité, son imagination lui produisait un film digne des plus salaces pornos.

– Il t’excite ?
– Non, maîtresse…
– Alors pourquoi tes cuisses sont humides ?
– Vous, vous m’excitez, maîtresse !

Un frisson parcouru l’échine de Lizzy, certains mots sont plus doux que bien des caresses, plus délicieux que bien des lèvres ! Une indifférence relative, presque feinte… Elle aurait aimé à cet instant se saisir de ce corps frêle et l’embrasser à n’en plus pouvoir, elle aurait adoré si elle n’était pas sa maîtresse, sa position l’obligeait à une distance, à une retenue. Elle ravala son sourire et se recentra sur l’essence même de leur relation… l’excitation !

Ses mains n’avaient pas besoin de se poser sur son corps pour la caresser. D’autres perspectives s’ouvraient à elle, d’autres jeux. L’absence de contact rendait la situation excitante.

– Mets-toi à quatre pattes.

Elle se surprit elle-même. Sa voix était bien plus autoritaire, bien plus dure qu’elle ne l’aurait cru. La notion d’ordre ne s’ennuyait pas de douceurs, de politesses. Elle ne voulait plus s’embarrasser de détails, elle ne désirait plus que son obéissance absolue.
Sa soumise s’exécuta par des gestes lents, sensuels. Son obéissance se parait de grâce, elle utilisait le moindre stratagème pour plaire à sa maîtresse. Elle présenta sa croupe au mâle, comme si elle connaissait d’avance son utilité dans la scène qui allait se jouer. Son regard toujours dirigé vers le sol attendait la suite des événements.

S’agenouillant pour être à sa hauteur, Lizzie se saisit de sa tignasse bleue et lui releva la tête.

– Regardes-moi. Je veux te voir.

Et elle aima ce qu’elle y vu. Dans ses yeux, la soumission devenait liberté, elle avait choisi son propre asservissement et possédait les clés pour s’en soustraire. Deux choix s’offraient à elle, des décisions aux extrêmes. Elle s’était affranchie de ses tracas routiniers pour ne se concentrer que sur l’essence même de la vie. Elle se découvrait, se reconnaissait dans les obligations, elle se laissait guider dans les excès.

L’homme s’approcha, posa les mains sur les hanches de la soumisse et sans la moindre hésitation, s’enfonça en elle. Son désir avait érodé sa patience et il ne voulait plus attendre. Sa soumise se mordilla la lèvre, la dimension hors norme du sexe avait mis à mal cette chatte pourtant si humide. Par des coups de reins puissants ballotaient son corps d’avant en arrière, l’homme ne retenait plus son excitation, il se déchaînait sur elle, profitant de cet exutoire pour se laisser entraîner par son plaisir. Mais qu’importe la dureté de l’étreinte, elle ne rompit par le regard, seule cela lui semblait important, le reste n’était que futile contrainte.

Ce lien excitait Lizzie bien plus qu’elle ne l’aurait cru, son corps entrait en résonance avec leurs plaisirs. Son sexe avide d’excès supportait toute la frustration de sa position. Elle aurait aimé laisser ses doigts se faufiler entre ses jambes mais elle n’avait pas le droit, elle aurait été une bien piètre maitresse si elle se laisser guider par ses instincts, elle se devait de garder son contrôle. Ce soir, son rôle lui offrait le pouvoir en l’obligeant à l’abstinence.

Le mâle n’existait plus, seul comptait leurs regards, cette connexion, cet érotisme distant. Sa soumisse se mordilla les lèvres, elle tentait de rester impassible mais le plaisir s’insinua dans cet indifférence feinte. Son visage trahit les sensations de son corps et si ses yeux hurlait « je suis à vous », elle ne pouvait plus cachait l’imminence de son orgasme.

– Jouis

Un ordre tel une libération. Elle peina à garder les yeux ouvert alors que son corps s’ébrouait sous l’effet de l’extase. L’homme accéléra encore le rythme, se plantant de plus en plus profond en elle.

– C’est à vous que je pense à vous, maîtresse.

Sa voix était tremblante, ces mots gémirent son appartenance. Un sentiment nouveau s’éveilla chez Lizzie. Loin des étreintes charnelles qu’elle avait pu apprécier, elle se laissait emporter par ce jeu de l’esprit, découvrant des perspectives futures, des délicieux jeux interdits. Son sexe palpitait au rythme de ses pensées et devant elle, son fantasme prenait vie. Sa soumise, sa chose…

Alors que la jeune femme retenait ses cris pour ne pas troubler cette fragile osmose, l’homme, lui, se laissa aller. Dans un râle, il jouit. Quelques coups de queue et bientôt il ne fut plus assez dur pour continuer le mouvement. Il resta un moment interdit, immobile. Le temps se figea comme si aucun des acteurs de cette scène ne désiraient qu’elle se finisse, que le monde ne les rattrape.

Mais l’homme se senti vite de trop, elles n’avaient que faire de sa présence. Il se rhabilla rapidement et un peu gêné, il prit congé en un petit signe de tête. Sa sortie était le dernier acte de la pièce. A. avait-il imaginé comme fin ces deux femmes se regardant, perdue dans leurs fantasmes respectifs. Lizzie ne bougeait plus, même si tout n’était qu’illusion, elle ne voulait pas quitter son rôle, elle voulait rester ici à laisser imaginaire et réalité se fondre en une seule vérité.

La soumise se releva lentement. D’un geste de main, elle invita Lizzy à faire pareil. Leurs corps étaient à quelques millimètres l’un de l’autre, leur regard toujours entremêlés. Il n’y avait plus rien d’écrit, plus aucun rôle.

– Il m’a donné le droit de faire ceci si vous étiez une bonne maîtresse

Elle déposa ses les lèvres sur celles de Lizzy. Elle frissonna à ce simple contact. Il y a avait plus d’érotisme dans que dans bien des soirées qu’elle avait connu. Un point d’orgue charnel, une révélation, les songes n’étaient en réalité qu’une autre vie, pourquoi ne pas choisir celle-là. Elles s’embrassèrent une éternité, elle aurait adoré être audacieuse, aller bien plus loin, profiter de ce corps. Mais elle savait pertinemment que cela n’était pas permis. Elle avait en commençant le jeu accepté les règles.

– Il nous attend dehors.

« Mon maitre, à la lettre, chacun de ses ordres furent les tiens, tu étais ses regards, sa voix. Chaque réalité n’est qu’une nouvelle histoire que je vis avec toi… Mon maitre, je te rejoins, je suis à toi ! »

A. Les attendait sur le parking. Il n’avait pas voulu pénétrer les lieux, ce n’était pas sa soirée, pas son histoire. Comme à son habitude, il était de vêtu que de noir, aussi sobre que ses histoires étaient extravagantes. A sa vue, sa Chose hâta le pas pour le rejoindre et dès qu’elle fut assez proche, elle lui sourit avant de prendre place à ses pieds. Elle se moquait de sa robe, de l’état du sol, elle voulait juste retrouver sa place à ses cotés. Son visage dégageait une sérénité, le calme du plus parfait abandon. Lizzie fut jalouse, elle avait gouté, le temps d’une soirée, au plaisir de la possession mais alors qu’elle aurait cru envier A., elle convoitait la place de sa chose. Lizzie n’était un personnage passager dans ses scènes mais cette curieuse chose aux cheveux bleus en était une partie intégrante, une itération perpétuelle, elle n’était pas qu’un rôle, elle était une histoire à elle toute seule.

Il lui sourit et ne dit rien. Aucun mot n’était nécessaire pour la suite, son approbation était évidente. Si elle était devant lui, c’est qu’elle voulait continuer, d’ailleurs comment arrêter. L’idée lui avait semblé si folle, elle l’avait prise pour une technique de drague, une manière un peu audacieuse d’obtenir ses faveurs. Et pourtant, il était devant elle, sagement habillé, n’exigeant rien en échange de l’aventure.

Il lui tendit une enveloppe dont elle se saisit. Un rôle, sa future prestation. Qui serait-elle lors de la prochaine soirée.. Qui… Lizzie de nouveau ou une autre, soumisse ou dominante, prude ou audacieuse… Qui serait- elle ? La question ne se posait même pas, elle serait celle qu’il désirerait.

Fin

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